COLLECTIF 100% A GAUCHE : compte-rendu de la réunion publique du mardi 6 mai (salle Dewailly)
mardi 20 mai 2008 par Francis Dollé
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Texte synthétique, pour ne pas dire télégraphique, afin de redonner à tous les participants...et ceux qui viendront participer l’état actuel des débats et perspectives de construction ! Ce texte ne se veut en aucun cas le reflet intégral des échanges, il restera ouvert pour que chacun puisse le compléter ou le modifier le cas échéant.
Proposition de Pedro
Malgré un certain nombre d’obstacles (foot-ball, excellents programmes de télévision, un soleil estival et des travaux à l’entrée principale de la salle Dewailly...), le nombre de participants à cette première réunion publique convoquant à la création d’un Nouveau Parti Anti-Capitaliste ne fut pas ridicule. L’objectif recherché était double. Permettre d’une part un débat franc et ouvert (sans tabous), puis structurer ensuite a minima les débuts d’organisation. Une bonne dizaine d’interventions auront permis de commencer à clarifier les enjeux auxquels devra se mesurer une nouvelle organisation véritablement à gauche, parmi ceux-ci :
1) Renouer avec l’identité politique et historique de la gauche en France principalement pour ce qui est de sa position vis-a-vis du capitalisme. Les abandons et renoncements qui remontent aux années 80 (élection de Mitterrand en 81) ont conduit à la situation actuelle qu’on peut résumer à la formule "absence d’une gauche historique".
2) La victoire de Sarkozy s’explique ainsi dans une large mesure par ce vide politique. Avoir à choisir pour l’électorat entre une option sociale-libérale et une option néo-libérale conduisant inévitablement au succès de cette deuxième. L’Italie en ce moment, comme probablement l’Espagne demain, sont des exemples qui viennent corroborer cette réalité.
3) La question de la démocratie doit être une des questions centrales d’un nouveau parti. Démocratie dans son fonctionnement interne, mais aussi dans son rapport à la société tout comme dans son projet de société. C’est pour commencer la question de la participation directe (démocratie participative) afin de permettre d’associer les citoyens aux débats et aux prises de décision. Diamètralement à l’opposé des mécanismes actuels où les choix sont le fait d’experts et de professionnels de la politique sous influence d’intérêts particuliers.
4) Tout est possible comme le démontre depuis quelques années la presque totalité du continent latinoaméricain. Après des décennies de régimes néo-libéraux forts (dictatures militaires le plus souvent) nombre de pays expérimentent actuellement un néo-socialisme. La Bolivie, l’Equateur et le Vénézuela étant l’avant-garde de ce mouvement continental. Nationalisation de richesses naturelles et des secteurs clefs qui permettent à nouveau aux Etats de ces pays respectifs d’avoir les moyens afin de mener des politiques publiques.
5) Le nouveau parti aura à structurer ce qui fait mouvement et dynamisme dans la société. Les nouvelles questions sociales, les nouveaux acteurs sociaux doivent être présents dans sa réflexion et ses pratiques. Il ne peut suffire de réactualiser des principes et des convictions, il faut vivre, militer et agir avec son temps et son époque.
6) Il faudra tenir compte de la proximité idéologique avec nombre de petites organisations et de cercles militants qui agissent sur le papier et les discours sur le même registre. Le citoyen lambda ne voyant aucune différence de fond entre certains discours (PC, Altermondialistes...). Cela sous-entend notre capacité à convoquer aussi dans cette direction.
Ces échanges auront alimenté l’essentiel du débat. Une deuxième partie plus brève devait se référer aux questions de structuration et d’organisation. La question du rythme de la construction reste posée, d’aucuns voulant s’en tenir aux échéances des collectifs-comités nationalement (proposition d’une rencontre fin Juin 2008), d’autres considérant qu’il faut se donner le temps qui sera nécessaire.
Proposition de Laurent
Une quarantaine de personnes étaient présentes dans la salle, dont une délégation du Collectif Abbevillois pour un Nouveau Parti Anticapitaliste, et beaucoup de visages nouveaux.
Dans une courte introduction, Pedro a rappelé le contexte dans lequel se tenait cette réunion : celui d’une droite qui tape tous les jours plus fort, d’une gauche traditionnelle qui ne cesse de reculer, et de la nécessité toujours plus vive d’une nouvelle force. Il a insisté sur le besoin urgent d’une cristallisation politique de toutes les luttes en cours, et sur l’idée que les récentes évolutions en Amérique Latine offrent quelques espoirs (renationalisations, etc.).
Quant au déroulement de cette soirée, comme pour toutes les futures réunions des collectifs pour un nouveau parti, il a souligné la volonté d’une grande circulation de la parole parmi les participants. Le débat qui a suivi a largement exaucé ses vœux : il fut en effet riche en interventions diverses, notamment de personnes qui ne sont pas membres de la LCR, parfois membres d’autres organisations (ATTAC, PCF), ou qui le plus souvent sont militants en dehors des partis. Très vite, le débat s’est engagé autour des modalités de construction de ce nouveau parti, de ses contours politiques et organisationnels, du statut passé, présent et futur de la LCR à son égard, etc.
Est-ce qu’on part de zéro et que tout est à construire ? Ne serait-il pas nécessaire, compte-tenu de l’histoire de la gauche, de mener une réflexion approfondie sur la démocratie, dans ce nouveau parti ? Pourquoi y a-t-il tant d’organisations si proches les unes des autres à « la gauche de la gauche » ? Est-il bien sûr que toutes les luttes en cours soient menées par de gens qui se reconnaissent dans l’anticapitalisme ? Comment sera-t-il possible de maintenir la diversité dans ce nouveau parti ? Quelle attitude tenir avec les médias ?
Telles sont quelques-unes des questions à partir desquelles le débat s’est engagé, et auxquelles les militants de la LCR, mais pas seulement, se sont employés à répondre.
Il a été rappelé le triste bilan d’une certaine gauche, le déclin historique du PCF, la nécessité de construire une force qui soit non seulement capable de s’opposer à Sarkozy mais aussi capable de porter un le projet d’une nouvelle société, de redonner « du rêve », sur la base d’une véritable rupture avec le capitalisme.
Certains ont souligné que le désaveu de Sarkozy dans la population à peine un an après son élection, conjuguée à l’effondrement du Front National dans les couches populaires constituait un levier important pour construire cette force, un force qui doit prendre la forme d’un parti, appelé à prendre le pouvoir pour changer concrètement la vie des gens.
D’autres ont souligné l’authenticité de la démarche de la Ligue, sa capacité à apporter sa structuration et son expérience tout en maintenant la volonté de se fondre complètement dans ce processus constituant, ou encore l’opportunité de dépasser un certain nombre de vieux clivages à « l’extrême-gauche », sans rien renier ni de l’histoire, ni des fondamentaux idéologiques. A l’égard des médias, d’autres encore ont appelé à sortir d’un schéma où Besancenot serait seul porte-parole et à « multiplier les Besancenot », nationalement comme localement. Quelques interventions ont pris un tour plus critique, mais toujours dans l’esprit du débat constructif, certaines en revenant sur l’échec de la candidature unitaire à l’élection présidentielle et le fait que ce nouveau parti apparaisse, au regard de cette occasion ratée, comme un « rassemblement antilibéral au rabais », d’autre en soulignant le caractère abstrait de certains débats dans la LCR, le flou de ses propositions, ou le caractère un peu « fourre-tout » de certains concepts comme « l’anticapitalisme ».
Ont été rappelés, en réponse, quelques éléments sur l’historique de l’échec de la candidature unitaire à la présidentielle et sur ses causes telles qu’elles avaient été analysées par la Ligue, la volonté de sortir de ce débat par le haut, le caractère assez précis et concret du « programme d’urgence sociale et démocratique » de la LCR, ou a fortiori des propositions élaborées collectivement lors de la campagne pour les municipales, ou encore quelques éléments quant au contenu que l’on peut donner aujourd’hui à ce concept d’anticapitalisme, entendu comme refus de l’idée que le capitalisme constituerait l’horizon indépassable de l’humanité.
Plusieurs interventions, en fin de réunion, ont manifesté la volonté de se projeter dans l’avenir et d’aller de l’avant, en proposant d’avancer dans la construction des collectifs pour un nouveau parti, de réfléchir dès maintenant à un nouveau nom, etc.
Synthèse des décisions prises :
1- se constituer en « comité départemental de la Somme » pour la création d’un nouveau parti anticapitaliste
2- mise en place d’une prochaine réunion publique MERCREDI 11 JUIN dès 20h00, salle municipale « Valentin Haüy » à Amiens
3- utilisation du site internet « Amiens 100% à gauche » pour notre communication
4- désignation d’un comité de liaison paritaire (LCR et non LCR) de 10 personnes
=> pour la LCR : Francis, Arnaud V, Julien, Frédérique et Jean Charles (ex LCR)
=> sans étiquette : Pedro, Arnaud G, Enriqué, Christine, Eric
5- permettre l’organisation de réunions dans les quartiers, dans d’autres villes et villages du département.....avant le 11 juin, tout en les annonçant au comité de liaison afin que celui-ci diffuse largement l’agenda de ces réunions ; ce qui doit permettre à toute personne d’y participer
6- mener la campagne de pétition sur le logement
7- intervenir sur Goodyear en soutien aux salariés en lutte
8- participer aux assises nationales fin juin (28 et 29 juin) sur le nouveau parti anticapitaliste
Prochaine réunion publique
MERCREDI 11 JUIN A 20H00
salle Valentin Haüy (rue Valentin Haüy)
quartier Saint-Pierre
AMIENS
